Depuis 1789, Noirmoutier, comme la majeure partie des campagnes françaises, vit tranquillement sous la République.
Mais, en mars 1793, le pays maraîchin participe au soulèvement vendéen : les paysans de Bouin, Beauvoir et Saint-Gervais forment une troupe et se donnent comme chef Guerry de la Fortinière. L'intérêt de la place forte de Noirmoutier pour son entreprise n'échappe pas à ce dernier qui, dès le 15 mars, se prépare à attaquer l'île. Seule une garnison de gardes nationaux et les douaniers peuvent lui résister. Quant à la population, si les habitants du nord de l'île semblent plutôt favorables à la République, les habitants de Barbâtre sont majoritairement royalistes.
Aussi, c'est avec la complicité des Barbâtrins que Guerry traverse le passage du Gois le 16 mars. Installé à Barbâtre, Guerry, promettant de respecter les hommes et les propriétés, somme le maire de Noirmoutier, La Rue de Francy, de se rendre. Le 17 mars au matin, Guerry reçoit la soumission de la ville, qui ne disposait pas des forces nécessaires pour prétendre résister. En outre, le maire a pu douter de l'entrain des Noirmoutrins à défendre la République. A midi, la troupe de Guerry, composée dès lors d'autant de Barbâtrins que de Maraîchins, entre dans la ville. Pas un coup de feu n'a été tiré et le procureur de la commune, Viaud, souligne que les insurgés vendéens "étaient entrés sans verser une goutte de sang". Guerry réorganise les autorités civiles et militaires, nommant La Roche saint-André, gouverneur de Noirmoutier. Prévoyant une riposte rapide des Républicains, Guerry renforce les défenses de l'île.